Préposé à la protection des données et transparence Jura-Neuchâtel

Rapport 2025

Protection des données et transparence

  

Avant-propos

L’année 2025 a confirmé avec force, si cela devait encore se faire, que la protection des données et la transparence ne sont plus des questions périphériques de l’action publique (voir le bilan). Elles se situent toujours davantage au cœur même de la légitimité administrative. Partout en Europe et en Suisse, les débats relatifs à l’intelligence artificielle, à la gouvernance des données, au recours aux services numériques et à l’accès aux documents officiels ont rappelé une évidence : l’innovation publique ne saurait se développer au détriment des droits fondamentaux.

Ce contexte a été marqué par plusieurs évolutions importantes. L’entrée en application des premières obligations européennes en matière d’intelligence artificielle, l’adoption de l’identité électronique, l’attention accrue portée à la traçabilité des traitements de données, ainsi que la hausse des demandes d’accès aux documents officiels ont illustré une attente croissante de la société ; comprendre ce que fait l’État, sur quelle base et avec quelles garanties. La protection des données n’est plus seulement perçue comme une exigence de sécurité ou de confidentialité ; elle apparaît aussi toujours davantage comme une condition de confiance. Quant à la transparence, elle ne se résume plus à l’accès à des documents ; elle participe à consolider les piliers d’une culture démocratique dans laquelle l’administration doit pouvoir rendre compte de son action.

C’est dans ce cadre en évolution permanente que s’inscrit l’activité du Préposé à la protection des données et à la transparence des cantons du Jura et de Neuchâtel (PPDT). L’union de ces deux matières au sein d’une même autorité a déjà fait couler de l’encre par le passé. Aujourd’hui, on constate de plus en plus qu’elles ne s’opposent pas, elles s’équilibrent. La transparence ne justifie pas la divulgation de toute information, de même que la protection des données ne saurait servir de prétexte à l’opacité. Toute la difficulté, mais aussi toute la valeur de traiter les deux sujets, réside dans l’articulation concrète de ces deux principes.

Le présent rapport montre combien cette articulation se joue dans des situations très diverses et souvent très concrètes. Derrière chaque dossier se trouvent des interrogations sur la communication d’un document, la diffusion d’informations en ligne, l’accès à un dossier, l’usage d’un outil numérique, la transmission de données à un tiers, leur conservation ou encore la mise en place d’un système de vidéosurveillance. Ces questions peuvent paraître techniques. Elles sont en réalité profondément liées au fonctionnement de l’État de droit. Elles touchent à la manière dont l’autorité publique traite les personnes, organise ses procédures, utilise les technologies et assume sa responsabilité.

L’activité de l’année 2025 confirme à cet égard le rôle essentiel de conseil et d’accompagnement prévus dans la CPDT-JUNE. Une part importante des dossiers traités concerne des avis, prises de position ou des assistances données aux entités soumises à la Convention intercantonale relative à la protection des données et à la transparence dans les cantons du Jura et de Neuchâtel (CPDT-JUNE). Cette dimension préventive est fondamentale. Elle permet souvent d’éviter des erreurs, d’éclairer une pratique avant sa mise en œuvre ou d’aider une autorité à trouver un équilibre juridiquement correct entre ses impératifs de fonctionnement et les droits des personnes concernées. Une administration qui sollicite un avis avant d’agir démontre déjà une forme de maturité institutionnelle.

Le rapport met également en lumière l’importance du travail mené en amont des projets législatifs. Les consultations sur des textes touchant des domaines aussi variés que la vidéosurveillance, l’action sociale, l’enseignement, les archives, les ressources humaines ou encore l’identité électronique montrent bien que la protection des données et la transparence traversent aujourd’hui l’ensemble du droit public. Elles ne constituent plus un domaine spécialisé réservé à quelques experts. Elles sont devenues des paramètres ordinaires de la qualité normative et de la bonne administration.

La question de la vidéosurveillance demeure, comme les années précédentes, particulièrement sensible. Le nombre de règlements examinés et de systèmes validés rappelle que le recours à ces dispositifs continue de progresser. Cette évolution doit être accompagnée avec rigueur. La banalisation des technologies de surveillance ne doit jamais conduire à banaliser leurs effets sur les libertés individuelles. Chaque caméra implique une base légale, une finalité déterminée, une proportionnalité dans le dispositif retenu et des garanties quant à l’accès aux images, à leur conservation et à la sécurité du système. Ce constat s’impose d’autant plus au regard de l’évolution des capacités des caméras et la réduction des coûts en parallèle.

Afin que la population puisse savoir où les entités la surveillent à l’aide de la vidéosurveillance, les caméras sont désormais inventoriées sur les guichets cartographiques des cantons de Neuchâtel et Jura.

Les procédures de conciliation et les surveillances entreprises durant l’année illustrent une autre facette essentielle de l’activité. Qu’il s’agisse d’un refus d’accès à un document officiel, d’une communication problématique de données personnelles ou d’une base légale pas assez étayée, le rôle de l’autorité est d’apporter méthode, clarté et équilibre. Ces procédures contribuent à renforcer la confiance dans les institutions et à désengorger les autorités judiciaires.

Le rapport souligne aussi l’importance croissante de la sensibilisation et de la formation. Dans un environnement administratif marqué par la numérisation, l’externalisation de certains services et l’apparition d’outils intégrant des fonctionnalités d’intelligence artificielle, les règles applicables doivent être comprises et assimilées par les acteurs de terrain. La conformité ne se décrète pas. Elle se construit par l’information, la pédagogie et l’anticipation. À cet égard, les guides, formations, conférences, interventions et ressources mises à disposition sur le site www.ppdt-june.ch jouent un rôle déterminant.

L’année 2025 confirme enfin que la protection des données et la transparence ne doivent pas être vues uniquement comme des contraintes extérieures au bon fonctionnement de l’administration. Une entité digne de confiance doit savoir pourquoi elle collecte des données, comment elle les protège, combien de temps elle les conserve, à qui elle peut les communiquer et dans quelle mesure elle doit permettre leur accès au public. Elle ne se définit plus seulement par son efficacité, mais aussi par sa capacité à démontrer qu’elle agit dans le respect des droits fondamentaux.

Le présent rapport souligne au demeurant un travail patient, concret et essentiel. Il montre que les cantons du Jura et de Neuchâtel disposent, à travers leur autorité commune, d’un outil indispensable pour accompagner les transformations de l’action publique sans renoncer aux principes qui fondent sa légitimité. À l’heure où l’État renforce sa transformation numérique, est interconnecté et exposé à des attentes croissantes de contrôle démocratique, cette mission apparaît plus nécessaire que jamais. Protection des données personnelles et transparence des activités étatiques ne constituent pas deux exigences concurrentes, mais les deux piliers d’une administration moderne, responsable et respectueuse des personnes.

Autorités

Base légale

La convention intercantonale relative à la protection des données et à la transparence dans les cantons du Jura et de Neuchâtel (CPDT-JUNE), entrée en vigueur le 1er janvier 2013, révisée le 1er octobre 2022, a  institué un préposé à la protection des données et à la transparence (PPDT) commun pour les cantons du Jura et de Neuchâtel, ainsi qu'une Commission de la protection des données et de la transparence (CPDT).

Tâches du titulaire

Le PPDT s'occupe non seulement de la protection des données personnelles traitées par les autorités cantonales et communales1, mais aussi de la transparence de ces dernières.

Il est principalement chargé dans ces deux domaines de :

  • Promouvoir la protection des données et la transparence, en informant et sensibilisant le public et les entités soumises à la CPDT-JUNE au sujet des principes inscrits dans cette dernière.

  • Assister et conseiller le public et les entités soumises à la CPDT-JUNE à propos des sujets régis par cette dernière.

  • Se prononcer sur les projets d’actes législatifs ayant un impact sur la protection des données et la transparence.

  • Se prononcer sur les projets de vidéosurveillance des entités soumises à la CPDT-JUNE.

  • Concilier les parties lorsqu'il est saisi d'une requête parce qu'une entité soumise à la CPDT-JUNE n'a pas pleinement accepté une demande fondée sur cette dernière.

  • Surveiller activement les entités soumises à la CPDT-JUNE pour vérifier qu'elles appliquent correctement la convention, et émettre des recommandations lorsqu'un manquement est constaté (exclusivement en matière de protection des données).

  • Saisir la CPDT lorsque la CPDT-JUNE le lui permet.

  • Tenir le registre public des fichiers.

  • Rendre un rapport annuel d'activité aux gouvernements et parlements des deux cantons.

Monsieur Christian Flueckiger, avocat, docteur en droit, a été désigné pour occuper le poste de préposé à la protection des données et à la transparence (PPDT) pour un mandat de cinq ans, renouvelable tacitement.

Organisation

Le PPDT est nommé conjointement par le Gouvernement jurassien et le Conseil d'État neuchâtelois, mais il s'acquitte de ses tâches de manière totalement autonome et indépendante. Il ne peut recevoir aucune instruction pour les activités qu'il doit accomplir. Il dispose de son propre budget.

Son taux d'activité est de 100 % et il bénéficie d'une collaboratrice administrative travaillant à 80 %.

Activités principales

Promotion de la protection des données et de la transparence

Le PPDT doit promouvoir la protection des données et la transparence, en informant et sensibilisant le public et les entités soumises à la CPDT-JUNE au sujet des principes inscrits dans cette dernière (article 8 alinéa 1 CPDT-JUNE).

La promotion de la protection des données et de la transparence passe principalement par quatre vecteurs, soit le site internet www.ppdt-june.ch, les newsletters/flux RSS, les formations et les médias.

Le premier s’étoffe quotidiennement dans le but de répondre au mieux aux questions que se posent le public et les entités soumises à la CPDT-JUNE.

Un flux RSS/newsletters permet d’être informé périodiquement des nouveautés. Il suffit de s’y inscrire en cliquant sur l’icône adéquate de la page d’accueil (www.ppdt-june.ch).

La rubrique des guides et aide-mémoire est régulièrement complétée afin de sensibiliser au mieux les entités soumises à la CPDT-JUNE et le public. Tous sont accessibles sous ce lien : Guides pratiques.

Le PPDT a planifié 8 formations dont la liste est détaillée sous ce lien : Conférences et mandats.

Ses activités ont également fait l'objet d'un passage dans les médias, dont les principales références figurent sous ce lien : Revue de presse.

Avis, prises de position, conseils et assistance

Le PPDT doit assister et conseiller le public et les entités soumises à la CPDT-JUNE à propos des sujets régis par cette dernière (article 8 alinéa 3 CPDT-JUNE).

Environ 35 % de l'activité du PPDT consiste à répondre aux questions de l'administration et du public. Le sujet de la protection des données provoque davantage de questions que celui de la transparence des activités étatiques, comme les statistiques présentées ci-après le démontrent (voir Statistiques).

Durant l'année du rapport, le PPDT a publié 23 avis et prises de position en matière de protection des données et 7 en matière de transparence.

AVIS ET PRISES DE POSITION PUBLIÉS EN MATIÈRE DE PROTECTION DES DONNÉES :

  1. Accès à un document officiel figurant dans une procédure (2025.5769)

  2. Déclaration des intérêts des députés neuchâtelois (2025.5733)

  3. Communication de la confirmation de l'obtention d'un diplôme (2025.6018)

  4. Communication sur internet du résultat de contrôles de produits (2025.5726)

  5. Accès au nom de l'exploitant de terrains agricoles (2025.5687)

  6. Supervision du sous-traitant (2024.5485)

  7. La mise en place d'une carte d'avantages pour les citoyens, comprenant l'élaboration d'un fichier, peut se fonder sur un règlement du Conseil communal en l'absence de données sensibles (dossier 2025.5978).

  8. Les compagnies de transports présentes dans les cantons de Neuchâtel ou/et Jura ne sont pas soumises aux règles de protection des données de la CPDT-JUNE. Une demande d'accès à ses propres données doit donc être effectuée selon les modalités de la LPD (dossier 2025.6020).

  9. Un promoteur immobilier n'est pas en droit de recevoir une liste d'adresses des habitants, car le but est commercial (dossier 2025.5986).

  10. La personnalité des personnes défuntes n’est pas protégée par le Code civil, ni par les règles de protection des données. En revanche, la personnalité des proches reste protégée, notamment si la publication relative aux personnes décédées peut leur porter atteinte. Même si la probabilité d'atteindre la personnalité de proches, en publiant sur internet les détails des sépultures, est faible, elle n'est néanmoins pas nulle. Par exemple, si une personne migrante fuyant son pays décède, la publication pourrait indiquer à un gouvernement malintentionné où se trouvent les proches, voire les descendants qui pourraient risquer quelque chose (dossier 2025.5953).

  11. Les litiges relatifs à l'accès à un dossier fiscal d'un défunt ne sont pas soumis aux règles de la CPDT-JUNE. Sous l’angle des règles de protection des données, il ne s’agit pas d’une demande d’accès « à ses propres données personnelles », au sens des articles 31 ss CPDT-JUNE. De plus, les données d’un défunt ne sont plus directement protégées par les règles de la protection des données personnelles de la CPDT-JUNE, mais par les règles fiscales en pareil cas. Sous l’angle des règles de la transparence, l’article 69 alinéa 4 CPDT-JUNE exclut du champ d’application les lois spéciales, telles que les règles fiscales (voir avis 2020.3512), (dossier 2025.5897).

  12. En principe, selon l'article 69 CPP, il est possible de consulter une ordonnance pénale, mais la consultation se limite à la décision rendue, à l’exclusion des pièces du dossier. Dans des cas motivés, le principe de la publicité peut aussi permettre aux personnes intéressées de consulter les décisions de classement. Cela présuppose que le requérant démontre un intérêt digne de protection à l'information et qu'aucun intérêt public ou privé prépondérant ne s'oppose à la consultation requise (ATF 134 I 286, consid. 5 et 6), (dossier 2025.5862).

  13. Un document qui est accessible selon les règles de la transparence peut être publié sur internet, mais en supprimant préalablement les données personnelles, même si elles sont déjà connues de tout le monde. Sans précautions particulières, les informations publiées sur le net ne s'effaceront plus (dossier 2025.5654).

  14. Lorsqu'il est demandé des adresses pour une démarche scientifique, le principe de la proportionnalité s'applique. Le minimum de données personnelles doivent être traitées. Par exemple, il arrive qu'un service propose de recevoir l'information à transmettre et le fasse lui-même. Ainsi, aucune donnée personnelle n'est livrée. Pour éviter des questions, il n'est pas inutile de préciser dans les courriers par qui a été envoyé le courrier et pourquoi (dossier 2025.5672).

  15. Le respect de la confidentialité des communications repose notamment sur l’article 20 CPDT-JUNE et sur le respect du secret de fonction. Le principe constitutionnel de la légalité (article 5 Cst CH), impose à l’administration de n’agir que dans le respect de la loi et à l’inverse, il ne permet pas aux administrés d’obtenir quelque chose qui n’est pas offert par la loi. Autrement dit, un administré n’a pas le droit de choisir un canal de communication avec l'administration. Toutefois, dans le canton de Neuchâtel depuis la votation du 24 novembre 2024, les administrés peuvent exiger d’échanger avec l’administration sans passer par une communication en ligne. Selon les explications données aux votants, le nouveau droit constitutionnel "comprend aussi le caractère facultatif de l’administration en ligne en garantissant le droit d’accès à un contact humain au sein de l’administration. Il vise ainsi à tenir compte de la question de la fracture numérique." (dossier 2025.5604).

  16. La communication d’un numéro de téléphone à une entité est possible si, lors de la collecte de ce dernier, il n’a pas été garanti sa non communication et que le destinataire en a besoin pour l'accomplissement d'une tâche légale. La communication à des tiers n'est pas possible sans base légale puisqu'il n'apparaît pas dans la liste de l'article 25 alinéa 2 CPDT-JUNE (dossier 2025.5860).

  17. A des fins d'ouverture d'une procédure d'expulsion, les contrôles des habitants sont en droit de communiquer la liste des personnes résidant à une adresse particulière, ainsi que l'état civil, conformément à l'article 25 alinéa 2 CPDT-JUNE (dossier 2025.5749).

  18. Il est possible de communiquer à des tiers des données personnelles de personnes décédées, pour autant que la personnalité des proches ne soit pas atteinte. Il est important de bien évaluer les risques d'atteinte avant la communication (dossier 2025.5770).

  19. Le contrôle d’accès des véhicules à certaines zones urbaines, fondé sur la lecture automatisée des plaques d’immatriculation, afin d’infliger des amendes en cas de circulation à des heures non autorisées, n’est actuellement pas possible sans une modification du Code pénal suisse. Dans un arrêt du 17 octobre 2024 (1C_63_2023), le Tribunal fédéral a en effet précisé que le cadre légal en vigueur ne permet pas, en l’état, la mise en place d’un tel dispositif à des fins de sanction (dossier 2025.5753).

  20. Lorsqu’un locataire quitte un logement sans communiquer sa nouvelle adresse, le bailleur peut obtenir l’information relative à sa destination, s'il justifie d’un intérêt digne de protection. Par exemple lorsqu’il doit contacter l’ancien locataire pour des raisons liées au bail (décompte final, loyers impayés, restitution de garantie, etc.), (dossier 2025.5788).

  21. Une société de recouvrement peut obtenir l'adresse, la date de naissance, l'état civil, la profession, le sexe et la nationalité, la provenance et la destination d'une personne si elle justifie d’un intérêt digne de protection. Par exemple lorsqu’elle doit contacter un débiteur pour des raisons liées à une créance (dossier 2025.5789).

  22. Une commune n’est pas en droit de communiquer la religion d’une personne aux autorités fiscales d'un autre canton (dossier 2025.5819).

  23. Une entité active, notamment dans le domaine de la distribution d'eau, est en droit de communiquer les noms des propriétaires d'immeubles à une autre entité soumise à la CPDT-JUNE. Toutefois, cette transmission n’est pas obligatoire : elle relève d’une possibilité, et non d’un devoir de communication (dossier 2025.5833).

AVIS ET PRISES DE POSITION PUBLIÉS EN MATIÈRE DE TRANSPARENCE :

  1. Accès à un document officiel figurant dans une procédure (2025.5769)

  2. Un contrat passé entre une commune et une association est un document officiel au sens de l’article 70 CPDT-JUNE. Toutefois, avant de communiquer le document, il reste encore à vérifier si l’une des restrictions est réalisée : Les 20 restrictions d'accès à un document officiel (dossier 2025.5940).

  3. Les litiges relatifs à l'accès à un dossier fiscal d'un défunt ne sont pas soumis aux règles de la CPDT-JUNE. Sous l’angle des règles de protection des données, il ne s’agit pas d’une demande d’accès « à ses propres données personnelles », au sens des articles 31 ss CPDT-JUNE. De plus, les données d’un défunt ne sont plus directement protégées par les règles de la protection des données personnelles de la CPDT-JUNE, mais par les règles fiscales en pareil cas. Sous l’angle des règles de la transparence, l’article 69 alinéa 4 CPDT-JUNE exclut du champ d’application les lois spéciales, telles que les règles fiscales (voir avis 2020.3512), (dossier 2025.5897).

  4. En principe, selon l'article 69 CPP, il est possible de consulter une ordonnance pénale, mais la consultation se limite à la décision rendue, à l’exclusion des pièces du dossier. Dans des cas motivés, le principe de la publicité peut aussi permettre aux personnes intéressées de consulter les décisions de classement. Cela présuppose que le requérant démontre un intérêt digne de protection à l'information et qu'aucun intérêt public ou privé prépondérant ne s'oppose à la consultation requise (ATF 134 I 286, consid. 5 et 6), (dossier 2025.5862).

  5. Un document qui est accessible selon les règles de la transparence peut être publié sur internet, mais en supprimant préalablement les données personnelles, même si elles sont déjà connues de tout le monde. Sans précautions particulières, les informations publiées sur le net ne s'effaceront plus (dossier 2025.5654).

  6. Si l'accès à un document officiel se fait par une consultation sur place, les demandeurs peuvent consulter les documents « originaux » avec noms et signatures. En revanche, si l’accès se fait par la transmission de copies papier, ou par une communication sur internet, il faut supprimer les signatures et remplacer les noms par les fonctions ou les supprimer. Faute de quoi, le risque d’une usurpation d’identité est très grand. Pour mémoire, sur la base de la page d’informations des membres du parlement neuchâtelois, une vingtaine de députés ont été victimes d’arnaques (Neuchâtel : Elus piégés par leurs données en ligne - 20 minutes), (dossier 2025.5794).

  7. Les documents reçus par l'École hôtelière de Lausanne (EHL), bien qu'elle soit rattachée au domaine des hautes écoles spécialisées (HES), ne constituent pas des documents officiels soumis à la CPDT-JUNE. Pour que cette dernière soit applicable, il faudrait que la HES-SO, dont le siège est à Delémont, détienne les informations concernées et surtout qu’elle en soit la destinataire principale (article 75 alinéa 2 CPDT-JUNE et références indiquées). En l’état, lorsque les documents sont reçus et traités uniquement par l’EHL vaudoise, les conditions d’application de la CPDT-JUNE ne sont donc pas remplies (dossier 2025.5690).

Procédures législatives

La CPDT-JUNE prévoit que le PPDT se prononce sur les projets d’actes législatifs ayant un impact sur la protection des données et la transparence.

Le PPDT a été consulté 20 fois durant l'année du rapport :

Jura

  

PROJETS SOUMIS AU PPDT

  1. Projet d’ordonnance portant exécution de la loi sur l’encouragement de la formation dans le domaine des soins (dossier 2025.6036).

  2. Projets d'accords d’exécution concernant Moutier relatifs à plusieurs domaines (dossier 2025.6061).

  3. Projets d'accords d’exécution concernant Moutier relatifs à plusieurs domaines (dossier 2025.6039).

  4. Projet de modification de l’Ordonnance sur l’hôtellerie, la restauration et le commerce de boissons alcooliques (Ordonnance sur les auberges; RSJU 935.111) (dossier 2025.6021).

  5. Projet de révision totale de l'ordonnance sur la prostitution (OProst; RSJU 943.11), (dossier 2025.6003).

  6. Projet de loi pour la destitution des membres du Gouvernement, des autorités judiciaires et des conseils communaux (dossier 2025.5988).

  7. Projet de Règlement des caméras de surveillance du Syndicat des écoles secondaires de Haute-Sorne (dossier 2025.5963). 

  8. Projet de révision partielle de la loi sur l’action sociale (LASoc; RSJU 850.1), (dossier 2025.5956). 

  9. Projets d'accords d’exécution concernant Moutier : relatif à l'accueil et l'hébergement des personnes relevant de l'asile et relatif à la police (dossier 2025.5968).

  10. Projets d'accords d’exécution concernant Moutier : relatif au transfert des archives (RSJU 102.441.21) et au domaine de l’état civil (RSJU 102.212.1), (dossier 2025.5884).

  11. Projet d’accord d’exécution entre le canton de Berne et la République et Canton du Jura relatif au transfert de la commune municipale de Moutier dans le canton du Jura concernant l’enseignement du degré secondaire II (Accord d’exécution concernant l’enseignement du degré secondaire II), (dossier 2025.5792).

  12. Avant-projet de loi sur l’encouragement de la formation dans le domaine des soins (dossier 2025.5628).

NE


  

PROJETS SOUMIS AU PPDT

  1. Projet d’arrêté modifiant le règlement d’exécution de la loi cantonale sur la faune sauvage, en particulier les pièges photographiques (RLFS; RSN 922.101), (dossier 2025.6096).

  2. Projet de convention du programme HELIUM (dossier 2025.6051).

  3. Projet d'adhésion à une convention entre la police et l’Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières (OFDF), (dossier 2025.5967).

  4. Révision du Règlement concernant la vidéosurveillance par la ville de Neuchâtel du domaine public et prive communal et du Règlement d’exécution de ce dernier (dossier 2025.5932).

  5. Projet d''arrêté du Conseil communal de Val-de-Ruz concernant la modification du règlement relatif au personnel administratif et technique (Recueil systématique 010) (dossier 2025.5835).

  6. Consultation fédérale concernant l’avant-projet de la modification de la loi sur l’organisation du gouvernement et de l’administration (LOGA ; RS 172.010), (dossier 2025.5803).

  7. Projet de Règlement concernant la vidéosurveillance à l'Université de Neuchâtel (dossier 2025.5747).

CH


  

PROJET SOUMIS AU PPDT

  1. Projet de loi fédérale sur l’identité électronique et d’autres moyens de preuves électroniques (loi sur l’e-ID), (dossier 2025.5846).

Vidéosurveillance

La CPDT-JUNE prévoit que les entités qui y sont soumises et qui envisagent d'installer un système de vidéosurveillance doivent au préalable consulter le PPDT, tant pour l’élaboration du règlement que pour la mise en place effective.

JU

BASES LÉGALES ACCEPTÉES EN 2025

  1. Règlement des caméras de surveillance, Syndicat de la communauté de l'école secondaire de Haute-Sorne.

POSES DE VIDÉOSURVEILLANCE ACCEPTÉES EN 2025

  1. Commune de Courgenay (total à ce jour 5 caméras) :
    • Centre sportif et culturel, 3 caméras

  2. Commune du Noirmont (total à ce jour 2 caméras) :
    • Compost communal, 1 caméra
    • Ecopoint, Rue de la Croix, 1 caméra

  3. Commune de Haute-Sorne (total à ce jour 15 caméras) :
    • Dépôt de voirie, Bassecourt, 1 caméra

PROJETS SOUMIS EN 2025 ET EN COURS

  1. Projet de vidéosurveillance dans un bâtiment cantonal (dossier 2025.6019).

  2. Révision du règlement sur la vidéosurveillance d'une commune, ainsi que projet d'ordonnance. Projet de nouvelles caméras (dossier 2025.6029).

  3. Projet de poses de caméras pour surveiller un bâtiment abritant une crèche (dossier 2025.5921).

     

NE

BASES LÉGALES ACCEPTÉES EN 2025

  1. Règlement concernant la vidéosurveillance par la ville de Neuchâtel du domaine public et privé communal et Règlement d’exécution de ce dernier, Neuchâtel.

  2. Règlement concernant la vidéosurveillance, Université de Neuchâtel.

POSES DE VIDÉOSURVEILLANCE ACCEPTÉE EN 2025

  1. Université de Neuchâtel (total à ce jour 17 caméras) :
    • Avenue du 1er-Mars 26, 3 caméras
    • Avenue. Louis-Breguet 1, 1 caméra
    • Avenue Louis-Breguet 2, 5 caméras
    • Faubourg de l’Hôpital 41, 6 caméras
    • UniMail Avenue Bellevaux 51, 1 caméra
    • Faubourg de l'Hôpital 106, 1 caméra

  2. Commune de Neuchâtel (total à ce jour 96 caméras)
    • Parking de la Croix, Corcelles, 7 caméras
    • Vélostation automatisée Faubourg du Lac 3, 4 caméras
    • Vélostation automatisée Nid-du-Crô, 2 caméras
    • Parking de Pierre-à-Bot P+R, 4 caméras
    • Case-à-Choc, 6 caméras
    • Station d’épuration, 4 caméras

PROJETS SOUMIS EN 2025 ET EN COURS

  1. Régularisation du Règlement de police d'une commune, chapitre Vidéosurveillance, éventuellement des caméras posées (dossier 2025.5677).

  2. Régularisation de caméras dans une institution, sans image enregistrée, pour surveiller les bénéficiaires (dossier 2025.5746 et 2024.5328).

     

Procédures de conciliation

La CPDT-JUNE prévoit que le PPDT s'efforce d'amener les parties à un accord lorsqu'il est saisi d'une requête reprochant à une autorité de ne pas avoir respecté celle-ci ; lorsque la conciliation échoue, la cause peut être transmise à la Commission de la protection des données et de la transparence (CPDT) pour qu'elle rende une décision susceptible de recours auprès des tribunaux cantonaux. Ci-après sont énumérées 17 requêtes ouvertes durant l’année du rapport. Les conciliations en cours sont accessibles sous ces liens : conciliations relatives à la protection des données et relatives à la transparence.

En matière de protection des données

  1. Requête déclarée irrecevable et classée le 12.01.2026 : Demande d'accès à un dossier de l'OPE par un mandataire avocat (dossier 2025.6065).

  2. Requête déclarée irrecevable et classée le 08.12.2025 : Demande d'accès à un dossier de l'OPE par un mandataire avocat (dossier 2025.5966).

  3. Requête devenue sans objet et classée le 19.09.2025 : Demande d'accès à ses données personnelles dans certains documents d'une commune (dossier 2025.5855). La Commission de la protection des données et de la transparence a été saisie (2025_1), (dossier 2025.5990).

  4. Conciliation aboutie le 28.07.2025 : Une société privée s'oppose à une communication par un service de l’État (dossier 2025.5766).

  5. Requête EN COURS ouverte le 10.01.2025 : Demande de rectification des données personnelles dans un rapport d'audit (dossier 2025.5608), [détails…].

  6. Requête devenue sans objet et classée le 15.09.2025 : Demande d'accès à un dossier perdu (dossier 2025.5958).

  7. Requête devenue sans objet et classée le 28.03.2025 : Demande d'accès à un dossier LAVI datant de 2002 (dossier 2025.5623).

En matière de transparence

  1. Requête EN COURS ouverte le 10.12.2025 : Demande d'accès aux rapports d'audit sur l'organisation et le climat de travail au sein de l'administration d'une commune (dossier 2025.6087), [détails…].

  2. Requête devenue sans objet et classée le 19.12.2025 : Demande d'accès à des arrêts du Tribunal cantonal neuchâtelois (dossier 2025.5885).

  3. Requête devenue sans objet et classée le 19.12.2025 : Demande d'accès à des conventions passées entre l'Etat et des particuliers (dossier 2025.5929).

  4. Requête devenue sans objet et classée le 10.12.2025 : Demande d'accès aux décisions d’interdiction d’entrée à la piscine d'une commune (dossier 2025.5957).

  5. Requête devenue sans objet et classée le 15.09.2025 : Demande d'accès à un dossier du RHNE (dossier 2025.5782).

  6. Requête EN COURS ouverte le 01.12.2025 : Demandes d'accès à des documents relatifs à la procédure d'autorisation de construire et de mise à l’enquête pour des travaux d'une commune, ainsi que la facture de réfection d'un ouvrage (dossier 2025.6077), [détails…].
    Requête partiellement devenue sans objet : Demande d'accès à la facture de réfection d'un ouvrage (dossier 2025.6077).

  7. Requête devenue sans objet et classée le 20.08.2025 : Demande d'accès à un rapport du SIEN (dossier 2025.5836).

  8. Requête devenue sans objet et classée le 02.07.2025 : Demande d'accès à des autorisations de couper des arbres (dossier 2025.5721).

  9. Requête devenue sans objet et classée le 14.05.2025 : Demande d'accès à un contrat de la Poste (dossier 2025.5656).

  10.  Requête devenue sans objet et classée le 25.08.2025 : Demande d'accès au rapport d'audit concernant la fondation ADMED (dossier 2025.5606).

Etat des conciliations depuis l’entrée en vigueur de la CPDT-JUNE jusqu’au 31 décembre de l’année du rapport :

Surveillances

Le PPDT doit surveiller l’application de la CPDT-JUNE et peut émettre des recommandations au besoin. Pour ce faire, il a pris l'initiative de vérifier le respect des règles de la protection des données dans les 9 cas de figure énumérés ci-dessous. Les surveillances en cours sont mentionnées sous ce lien : surveillances en cours.

  1. Il a été vérifié qu’une entité n’avait pas utilisé le carnet d’adresses @ne.ch pour promouvoir des produits commerciaux (dossier 2025.6005).

  2. Il a été vérifié qu’une institution médicale ne transmettait pas de liste de patients aux Eglises (dossier 2025.5933).

  3. Il a été vérifié les conditions d’utilisation d’enregistrement de visioconférences dans un cloud (dossier 2025.5914).

  4. Il a été vérifié que l'accueil des guichets sociaux communaux jurassiens respectait les règles de la CPDT-JUNE. Comme pour les hôpitaux, les cabinets médicaux, les prisons, etc., il est impossible d'assurer aux administrés que personne ne les voit se rendre dans ces lieux (dossier 2025.5917).

  5. Il a été vérifié que la gestion des données récoltées dans le cadre de la lutte contre le COVID-19 était conforme aux droits fédéral et cantonal. Les services compétents des deux cantons ont vérifié et garanti que tel était le cas (dossier 2025.5712).

  6. Vérification de l'utilisation de TEAMS par des entités (dossier 2025.5951).

  7. Détermination du responsable de traitement pour le nouveau système d'information MedAI (2025.5801).

  8. Vérification de la conformité d'une vidéosurveillance (dossier 2025.5881).

  9. Il a été vérifié qu’une commune faisait le nécessaire pour que les données personnelles des demandeurs de permis de construire ne soient plus accessibles une fois la procédure close (dossier 2025.5704).

Violations annoncées

Depuis la révision de la CPDT-JUNE en octobre 2022, l’obligation d’annoncer les violations de la sécurité des données personnelles a été instaurée. Un formulaire d’annonce a été mis à disposition sur le site internet. Les responsables de traitements concernés peuvent ainsi annoncer sans délai la violation constatée. Durant l’année du rapport, 1 annonce a été réceptionnée.

  1. Une fondation dans le domaine social et santé s'est fait hacker par l'intermédiaire d'un e-mail d'une employée.

Analyses d’impact soumises (AIPD)

Les traitements de données personnelles, sensibles ou non, à risque élevé (article 23b CPDT-JUNE), doivent faire l’objet d’une consultation auprès du PPDT et sont énumérés ci-dessous :

  • Pas d'analyse d'impact en 2025.

Formations continues suivies

Le PPDT doit chaque année suivre des cours de formation continue comme l’exigent les règles sur la protection des données. Les 9 formations suivantes ont donc été agendées :

  1. Demi-journée de droit de la protection des données « Intelligence artificielle », Université de Lausanne, CEDIDAC, Lausanne ; 1/2 jour ; mars 2026 (dossier 2025.6094).

  2. Journée « Cybersécurité et gestion des données de santé : bonne pratiques et perspectives », Neuchâtel ; 1 jour ; février 2026 (dossier 2025.6095).

  3. Demi-journée de droit de la protection des données, IDHEAP, Lausanne ; 1/2 jour ; janvier 2026 (dossier 2025.6089).

  4. Webinaire sur le droit d'accès, association Swissprivacy et Digital Law Center de l'Université de Genève, en ligne, novembre 2025 (dossier 2025.5983).

  5. 22ème Journée de formation continue des avocats 2025, Université de Neuchâtel ; 1 jour ; novembre (dossier 2025.5975).

  6. 18ème journée suisse du droit de la protection des données : Communication de données personnelles ; 1 jour ; septembre, Fribourg (dossier 2025.5823).

  7. Formation sur la cybersécurité, Privatim, Lausanne ; 1 jour ; juin (dossier 2025.5609).

  8. Journée CERT : Le droit collectif du travail et les nouveautés en droit du travail, Université de Neuchâtel, 1 jour ; juin (dossier 2025.5639).

  9. Intelligence artificielle et nouveautés en procédure civile, Delémont ; 1 jour ; février (dossier 2025.5620).

Formations et conférences données

Le PPDT est chargé de promouvoir la protection des données et la transparence, en informant et sensibilisant le public et les entités au sujet des principes inscrits dans la CPDT-JUNE. C’est pourquoi les 8 formations et conférences suivantes ont été agendées :

C’est pourquoi les huit formations et conférences suivantes ont été agendées :

  1. Cours sur la "Transparence et réponses aux demandes d'accès", SRHE, Neuchâtel; septembre 2026 (dossier 2025.6066).

  2. Cours sur la protection des données et la transparence, SRHE, Neuchâtel; septembre 2026 (dossier 2025.5887).

  3. Cours à l'École supérieure d'informatique de gestion, Delémont; mars 2026 (dossier 2025.5936).

  4. Cours au personnel de l'administration jurassienne : Comprendre la protection des données, service des ressources humaines (SRH), Delémont; mars 2026 (dossier 2025.5949).

  5. Formation aux avocats-stagiaires jurassiens, Delémont; juin (dossier 2025.5618).

  6. Intervention donnée dans le cadre du cours Master « De l'administration "analogique" vers une administration numérique - L'évolution et les défis liés à la cyberadministration »,Université de Neuchâtel; mai (dossier 2025.5751).

  7. Intervention donnée dans le cadre du cursus Bachelor en science des données : « Protection des données et transition numérique - La perspective du Préposé cantonal », Université de Neuchâtel, mai (dossier 2025.5752).

  8. Cours sur le statut personnel du sportif; Université de Neuchâtel; avril (dossier 2025.5645).

Recommandations

Les autorités cantonales et communales ayant respecté les avis rendus par le PPDT, il n'a pas été nécessaire cette année de les contraindre à respecter la CPDT-JUNE par l'intermédiaire de l'outil de la recommandation.

Une recommandation impose aux responsables de traitement de décider s'ils entendent se soumettre ou non aux injonctions du PPDT. Ce dernier peut saisir la CPDT contre les décisions de refus.

Registre des fichiers

Un formulaire sur le site internet du PPDT a été mis à disposition des autorités jurassiennes et neuchâteloises. Il est rappelé progressivement l’obligation de déclarer les fichiers de données sensibles2 à l’ensemble des entités soumises à la CPDT-JUNE.

Les déclarations semblent exiger des efforts de l'administration pour lesquels elle juge parfois ne pas avoir momentanément les ressources. Le PPDT accompagne au mieux les entités dans ces démarches.

Jusqu’à fin janvier 2026, 181 fichiers jurassiens ont été déclarés et 316 neuchâtelois. Les déclarations n’ont pas beaucoup augmenté (+21), mais les entités ont été peu fermement relancées. La cartographie des fichiers de données sensibles s’étoffe gentiment, mais le registre reste encore incomplet.

Collaborations

Le PPDT a régulièrement des contacts informels avec la suppléante du Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence (PFPDT). Il est également le vice-président du groupe de coordination des autorités suisses de protection des données (ACPD) depuis 2011 (réunissant le PFPDT ainsi que tous les cantons) qui a notamment pour but d’échanger les informations nécessaires et utiles à la surveillance effective de l’utilisation du SIS II, ainsi que de soutenir et coordonner les activités de surveillance de chacun de ses membres.

Depuis avril 2014, le PPDT a intégré le comité de privatim, conférence suisse des préposés cantonaux. Cette dernière soutient ses membres sur les questions générales d'importance internationale, nationale ou intercantonale. Cette institution est très utile, voire indispensable, pour se former des opinions et prendre des positions si possible coordonnées au niveau national. La complexité croissante des questions soumises aux autorités cantonales, qui sont souvent en grande partie identiques ou du moins similaires dans les cantons, nécessite une étroite collaboration. Le PPDT a pu, cette année encore, profiter de plusieurs interventions, notamment à propos des nouveautés introduites dans les règles de protection des données, telles que le projet POLAP+ ou l’externalisation des traitements de données sensibles, ainsi que des projets de mise en œuvre de plateforme pour traiter les dossiers de l’assurance invalidité.

Le PPDT est également membre, depuis 2015, de l’Organisation d’accompagnement intercantonal à Schengen/Dublin de la Conférence des gouvernements cantonaux chargée d’aider les cantons dans les changements imposés par l’Union européenne dans ce cadre-là.

Une collaboration informelle entre les préposés des cantons latins a également été mise sur pied. Il est prévu des réunions semestrielles en présentiel et des visioconférences régulières toutes les six semaines.

Comptes

Bien que la Commission de la protection des données et de la transparence et le PPDT aient été mis dans le même centre financier, alors qu’il s’agit de deux autorités autonomes et indépendantes, les comptes ci-dessous ne prennent pas en considération les chiffres de la Commission.

Le budget 2025 a été bien respecté puisqu’il en ressort une économie de SFr. 11'925.-. La plus grande partie des économies s’explique par la non-utilisation de prestations de services. L’attribution ou non de mandats dépend de la complexité et de l’ampleur des dossiers rencontrés ainsi que du temps à disposition. Le solde restant est inhérent à l’établissement d’un budget. Une seule charge hors salaire a dépassé le budget, pour un montant de SFr. 56.-.

Par ailleurs, dans le passé, les comptes 2013 à 2016 (p. 129), 2017 à 2019 (p. 78) ainsi que les comptes de l’année 2023 (p. 38) ont été vérifiés par le Contrôle des finances jurassien. Si le premier rapport avait observé que le matériel informatique devait être imputé au compte 3111 ou 3113 au lieu du 3100, les deux derniers rapports se sont limités à constater que la comptabilité était régulièrement tenue, sans formuler de remarque.

 
 
 
 
 

Numéro de compte

Intitulé du compte

Budget 2025 

Comptes 2025 

Différence

115.3010.00

Traitements du personnel

216'700

217'588.75

888.75

115.3010.09

Remboursement salaires pers.adm. & d'expl.

-4'300

 0.00

4'300.00

115.3050.00

Assurances sociales

13'900

14'151.60

251.60

115.3051.00

Caisse de pensions

27'500

27'778.80

278.80

115.3053.00

Assurances-accidents

400

425.60

25.60

115.3054.00

Cotisations allocations familiales

 8'300

6'201.60

- 2'098.45

115.3055.00

Cotisations patronales aux APG maladie

 2'000

2'023.45

 23.45

115.3090.00

Formation et perfectionnement du personnel

 4'000

1'310.00

- 2'690.00

115.3100.00

Fournitures de bureau

200

256.00

56.00

115.3103.00

Littérature spécialisée, Swisslex

 2'800

1'637.80

- 1'162.20

115.3113.00

Matériel informatique

1'000

0.00

- 1'000.00

115.3130.00

Prestations de services de tiers

19'000

8'483.32

- 10'516.68

115.3160.00

Loyers

12'000

12'000.00

0.00

115.3170.00

Dédommagements, frais déplacem.

5'000

4'718.00

- 282.00

115.3199.00

Autres charges d'exploitation

0

0.00

0.00

115.3910.00

Imp. int. pour prestations de services

26'000

26'000.00

0.00

 

Total des charges

334'500

322'574.92

- 11'925.08

115.4210.00

Emoluments administratifs

1'000

2'010.00

1'010.00

115.4611.00

Part neuchâteloise (71 %)

236'800

227'479.24

- 9'320.76

 

Total des revenus

237'800

229'489.24

- 8'310.76

Solde

Part jurassienne (29 %)

96'700

93'085.68

3'614.32

Statistiques

Gestion des dossiers

Les graphiques ci-après permettent de détailler les 505 dossiers ouverts durant l’année du rapport.

Le nombre d’ouvertures de dossiers est passé de 522 à 505 (-17) entre 2024 et 2025, soit une diminution de près de 3.3 %. Le nombre de dossiers classés est à peine supérieur à celui des dossiers ouverts (509). Fin 2025, seuls 71 dossiers étaient dans l’attente de nouvelles ou de réponses ; nombre stabilisé depuis 2020 (moyenne = 58). Bien que la stabilisation du nombre de dossiers en cours contribue à conserver un bon suivi, le rythme de clôture des dossiers dépend davantage de leur vitesse de traitement par les administrations que par le PPDT. Pour l’heure, aucune entité n’attend avec impatience une détermination du PPDT.

Près de 35 % de l'activité consiste à conseiller le public et les entités soumises à la CPDT-JUNE. Le nombre de dossiers en matière de transparence se situe dans le bas de la fourchette haute, soit 66, alors qu’en matière de protection des données (256), il est constaté une baisse de 28 dossiers. Quant aux dossiers « mixtes », c’est-à-dire des activités pouvant traiter des deux matières, leur nombre a légèrement baissé, passant de 188 en 2024 à 183 en 2025.

Les renvois au Préposé fédéral à la protection des données ont sensiblement augmenté (+35%). Plus les administrés s’intéresseront au sujet de la protection des données, plus ces erreurs « d’aiguillage » surgiront. Il n’est pas facile pour les non-initiés de savoir quelle autorité est compétente dans un cas d’espèce.

Les dossiers relatifs aux communes représentent cette année près de 17 % du total, chiffre relativement constant au cours de ces dernières années.

La précision des statistiques est à relativiser. L’outil a surtout été prévu pour obtenir des chiffres à titre indicatif, surtout lorsque celui-ci subit des changements notables durant l’année. Il n’est pas impossible qu’elles comportent quelques petites erreurs ou incohérences.

Utilisation du site internet

Selon l’outil d’analyse du site www.ppdt-june.ch, il ressort, pour l’année du rapport, que :

  • Plus de 75’000 pages consultées en une année.

  • Les pages relatives aux règles de protection des données et transparence, modèles de documents, classification des données et guides pratiques, entités concernées font partie des pages les plus consultées.

  • 206 pages consultées par jour en moyenne.

  • 31 % des visiteurs ont utilisé Firefox et 25 % Chrome, alors que globalement, c’est plutôt respectivement 3 % et 65 %.

  • 88 % des visiteurs ont utilisé un PC et 12 % leur téléphone.

  • 15 % des utilisateurs viennent sur le site depuis une recherche Google.

L’outil statistique permet d’améliorer le ciblage des pages qui méritent une attention particulière et de vérifier l’efficacité de la communication par l’intermédiaire du site.

Bilan

L’année du rapport a connu des chiffres proches des années précédentes. Le recours de plus en plus grand à l’intelligence artificielle impose un nouveau défi aux responsables de traitements qui doivent s’assurer, comme avec les moteurs de recherche et les produits cloud, que le traitement des données personnelles est conforme aux exigences de la CPDT-JUNE.

Les 505 dossiers traités durant l’année du rapport se répartissent en 66 dossiers en matière de transparence, 183 « mixtes » et 256 en matière de protection des données. Le volume est stable, mais reflète une forte sollicitation de la part des entités publiques et des administrés. Le nombre de dossiers en cours (71) reste contenu, illustrant une bonne maîtrise des délais, malgré une dépendance forte au rythme de réponse des administrations.

En matière de vidéosurveillance, un accent particulier a été mis sur l’information du public. C’est pourquoi, après un effort de longue durée, il est possible de désormais connaître l’emplacement des caméras en consultant les guichets cartographiques des deux cantons : Géoportail jurassien et Géoportail neuchâtelois.

De nouvelles publications sont apparues sur le site du PPDT, en particulier 20 avis sur des projets législatifs impactant la protection des données, la liste des 9 formations et conférences données à des publics variés (administrations, étudiants, professionnels), la liste des 9 surveillances ouvertes, sans nécessité de mesures contraignantes, ainsi que 1 annonce(s) de violation de sécurité signalée(s). Aucune recommandation formelle n’a été nécessaire, ce qui témoigne du respect global des demandes de correction.

En matière de conciliation, les 17 requêtes reçues montrent une lente progression de la culture consistant à faire valoir ses droits pour tenter d’accéder à un document officiel ou pour défendre sa personnalité. Aucun échec n’a été constaté. A relever que souvent les entités sollicitées sont encore peu préparées à répondre efficacement aux exigences légales des demandes en matière de transparence ou de protection des données.

Le budget a été strictement respecté, avec une économie de 11’295 CHF, principalement liée à une moindre utilisation de prestations externes.

Les années se suivent et se ressemblent en matière de protection des données. La sensibilisation continue, l’anticipation des exigences légales par les entités publiques et un suivi minutieux des pratiques numériques restent très importants. L’augmentation des sous-traitances impose toujours et encore un défi conséquent aux administrations qui devront rigoureusement inventorier et classifier leurs données. Si cela peut paraître envisageable pour les « grandes » administrations dotées de ressources suffisantes, qu’en est-il des administrations plus modestes, dont les ressources sont déjà justes suffisantes pour effectuer « le métier » ? Pour l’heure, cette question peine à trouver une réponse, surtout au regard de l’évolution des budgets cantonaux.

Pour l’année suivant le rapport, il s’agira de tenter de convaincre les entités à inventorier leurs données personnelles afin qu’elles puissent évaluer les adaptations nécessaires pour respecter les nouveautés amenées par la révision de la CPDT-JUNE. Cette démarche demandera des efforts momentanés conséquents, tant de la part du PPDT que des entités concernées, mais leur sera profitable pour l’introduction de nouveaux outils informatiques. Le site internet www.ppdt-june.ch maintient son développement pour répondre en particulier aux questions suscitées par les nouvelles dispositions légales ainsi qu’à toutes questions en général, notamment par la page Thèmes de A à Z.

 

 

Notes :  

[1] Par autorités cantonales et communales, il faut comprendre le Grand Conseil, son bureau et les commissions qui en dépendent; le Conseil d'État, l'administration cantonale et les commissions qui en dépendent; le pouvoir judiciaire; les Conseils généraux et communaux, leurs administrations et les commissions qui en dépendent; les établissements et corporations de droit public cantonaux et communaux, leurs administrations ainsi que les commissions qui en dépendent; les personnes morales et autres organismes de droit privé dans lesquels une autorité détient une participation majoritaire; les personnes privées, lorsqu'elles accomplissent une tâche de droit public sur délégation d'une autorité; les groupements d'autorités.

[Retour au texte]


[2] Définition de données sensibles : opinions ou appartenance à une association syndicale, religieuse, politique ou philosophique; données relatives à la santé; données que la personne concernée réserve à un cercle très restreint de proches; lieu/pays d'origine, ethnie; prestations sociales; mesures de curatelles; poursuites ou sanctions pénales ou administratives; données biométriques ou génétiques; ensemble de données personnelles permettant notamment, d'analyser ou prédire des éléments concernant le travail, la situation économique, la santé, les préférences personnelles, les centres d'intérêts, le comportement, la fiabilité, la localisation ou les déplacements.

[Retour au texte]

Ce site utilise plusieurs cookies pour indiquer temporairement aux serveurs la langue que vous avez choisie lors de la configuration de vos outils informatiques, ainsi que pour rappeler aux serveurs votre choix d'accepter les présentes conditions pour éviter de reposer la question à la prochaine visite. En poursuivant, vous acceptez l’utilisation de ces cookies aux fins énoncées ci-dessus. En savoir plus.